Saupiquette

Publié le par Lexic

Voici l'histoire d'une petite sardine sympathique, en espérant qu'elle vous plaise. A bientôt, Lexic

 

Saupiquette ou comment nul n’échappe à son destin

 

 -50 m

 Saupiquette était une jolie sardine perdue au milieu d’un grand banc de poisson. Perdue ? Pas tout à fait car son frère, Albacore, veillait sur elle en permanence. Un peu trop à son goût, peut-être.

Une jolie demoiselle comme Saupiquette ne laissait bien sûr aucun mâle indifférent. C’est ainsi que Bigbouche, le mérou, se mit à tourner autour d’elle, histoire de fricoter un peu. Mais c’était sans compter la vigilance d’Albacore qui empêchait toute approche trop entreprenante.

 

- 40 m

 Saupiquette se souviendra toujours de ce jour de tempête où elle vit plus de la moitié de ses semblables emportées par un méchant mais adroit filet de pêche. Les sardines emprisonnées, affolées, se débattaient en tous sens, impuissantes et désemparées face à la nassse trop expérimentée.

Le pauvre Albacore, piégé au cœur de la masse mourante, n’était déjà plus en mesure de soutenir le regard de Saupiquette, qui ne pouvait réaliser qu’elle ne reverrait plus jamais son frère.

 

 -30 m

 Bigbouche, quant à lui, avait survécu au génocide et devint le compagnon fidèle et apaisant de Saupiquette. Il lui expliquait que son frère devait nager dans une autre mer et que bientôt il reviendrait. Lui seul savait trouver les mots pour la réconforter.

Grâce à lui, Saupiquette avait retrouvé le sourire.

 

 -20 m

 Voilà déjà quelques temps que le couple inattendu avait trouvé refuge près de la côte, dans une mer moins profonde, espérant ainsi échapper aux filets meurtriers.

Un jour comme les jours, ils virent débarquer deux créatures maladroites qui semblaient bien incapables de se mouvoir efficacement. Ils se mirent à rire comme des baleines tellement c’était pathétique. Le pire, c’est que les deux hurluberlus essayaient de toucher les poissons qu’ils croyaient à leur portée : autant regarder des escargots faire la course à des guépards !

Et quand l’un deux se mit à agiter un engin bizarre, Bigbouche n’aurait jamais imaginé que la chose qui en sortit fut assez rapide pour le transpercer de part en part.

 

-10 m

 Saupiquette ne put rester un instant de plus dans cet endroit et décida de retourner vers le large rejoindre le banc de sardines auquel elle appartenait.

Lorsque le filet maudit vint terminer son travail, Saupiquette n’eut pas la force de s’enfuir et se laissa emporter par son destin.

 

 A la surface

 « Maman, maman, je veux cette boîte de thon, là » quémandait Pierrot dans le supermarché.

« Ne fais pas le difficile, tu auras tes sardines à l’huile comme d’habitude, c’est moins cher » rétorqua Maman, intraitable.

 

 Qui donc aurait pu imaginer le destin incroyable d’une sardine à l’huile qui avant d’être à l’huile était libre et s’appelait Saupiquette ?

 

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Publié dans histoires courtes

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F
bravo, Jang!<br /> tu devrais essayer de te faire éditer! C'est très rafraichissant, tendre, joli et un peu humoristique comme histoire. Juste peut-être la conclusion qui a mon gôut est un peu trop...bâteau!Je la ferais plus dan sl'humouir noir, les jeux de mots et métaphores filées (sic!)du domaine maritime ou poissonnier.Sinon, c'est vraiment plaisant à lire. Continue!
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