Aquae
Même si cette histoire n'est pas très bien écrite, je lui trouve un charme certain, qui correspond parfaitement au thème évoqué. Je viens de la réécrire en partie, c'est une sorte de mise à jour que je vous offre aujourd'hui, amis lecteurs, une nouvelle version qu'aucun d'entre vous n'a encore eu l'occasion de lire puisque je viens de l'écrire... Lexic
Aquae
La jeune Aquae était une sirène en devenir. Il ne lui restait quune dernière tâche à accomplir avant dêtre enfin accréditée comme telle : séduire un marin et laccompagner au fond des océans. Cest ainsi quelle sinstalla près dun détroit réputé pour son franchissement aussi difficile quincontournable. Elle y croiserait bien un navire qui lui permettrait de passer avec succès cette ultime épreuve.
Le premier bateau venu, la future sirène commença à chanter en vue dattirer lattention des voyageurs de la mer. Mais ces derniers nentendaient que du vent et ne tombaient pas sous le charme de son chant quelle voulait mélodieux et captivant.
Plusieurs équipages passèrent ainsi par le détroit sans remarquer sa présence. De plus en plus découragée, Aquae se mit à entonner un dernier air, plein de tristesse et de nostalgie. Cest à ce moment-là que croisait un magnifique trois-mâts qui voguait paisiblement entre les récifs.
A son bord le capitaine repensait à sa femme depuis trop longtemps disparue quand il crut reconnaître sa voix. Il se précipita sur le pont supérieur et faillit sévanouir : non seulement il entendait clairement sa voix mais il percevait également limage quil conservait dans son souvenir. Le matelot en second songeait quant à lui aux délicieuses compagnes quil simaginait séduire comme à chaque escale. Une voix dune incroyable sensualité le fit revenir à la réalité : les yeux écarquillés, il avait en face de lui lapparition même de la femme de ses rêves, de tous ses rêves. Scrutant lhorizon à laide dune longue-vue, un autre membre déquipage pensa être le premier à découvrir ce quil prit tout dabord pour un mirage. Car que pouvait bien être la vision de lEden oublié sinon un mirage ?
Mais ni lépouse du capitaine, ni la femme idéale du matelot, ni le paradis retrouvé nexistaient. Seul un apprenti marin réalisa avec impuissance que le voilier, libre de ses mouvements et devenu hors de contrôle, se dirigeait vers les écueils meurtriers du détroit.
Car la céleste hypnose ne touchait que les marins confirmés que plus rien ne surprenait et qui se croyaient être revenu de tout. Jamais leur esprit ne pourrait concevoir lexistence dune quelconque sirène.
Ce jour-là pourtant, Aquae était devenue la sirène de ces hommes.