Que reste-t-il ?
Je compte les rides dans le miroir
Ma peau flétrie ne peut y croire
Où est passée mon arrogance
L’ardeur de mon adolescence ?
Je ne reconnais pas la personne
Dont le regard fatigué m’étonne
C’est pourtant moi dans le miroir
Qui a tant de peine à se mouvoir
Que reste-t-il que la vieillesse
N’a pas miné, n’a pas détruit ?
Que reste-t-il de ma jeunesse
Depuis longtemps évanouie ?
Que reste-t-il que la vieillesse
N’a pas usé, n’a pas meurtri ?
Que reste-t-il sinon les restes
De ma jeunesse inassouvie…
Je cherche une lueur dans les cendres
De l’énergie dans du bois tendre
Pour consumer mes dernières forces
Avant que l’hiver ne l’emporte
Je ne reconnais plus la personne
Qui a laissé entrer l’automne
Sur mon visage et sur mon corps
Aussi craquelés qu’un arbre mort
Que reste-t-il que la vieillesse
N’a pas miné, n’a pas détruit ?
Que reste-t-il de ma jeunesse
Depuis longtemps évanouie ?
Que reste-t-il que la vieillesse
N’a pas usé, n’a pas meurtri ?
Que reste-t-il sinon les restes
De ma jeunesse inassouvie…
Contre les ans, on ne peut rien faire
Le temps est le seul adversaire
Qui l’espace de toute une vie
M’a tout donné, m’a tout repris